Rencontre avec Éléonore Caroit, Ministre chargée des Français de l’étranger

Crédit : Victor Destang | MEAE

À l’occasion du passage à Genève d’Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, j’ai eu le plaisir de la rencontrer aux côtés de Clément Leclerc, Consul général et de mes collègues conseillers des Français de l’étranger pour la Suisse romande. Nous étions en présence de Marc Ferracci, ancien ministre et député des Français de Suisse et du Liechtenstein, Céline Jurgensen, Représentante permanente de la France
auprès de l’Office des Nations Unies à Genève et des organisations internationales en Suisse, et Marion Paradas, Ambassadrice de France en Suisse et au Liechtenstein.

La ministre connaît bien notre communauté : avant d’être élue à l’Assemblée nationale et ensuite d’être nommée au gouvernement, elle a été élue consulaire à Genève et membre de l’Assemblée des Français de l’étranger. C’est un atout précieux pour nous, au-delà des désaccords partisans, et cela permet d’entrer directement dans le vif du sujet.

Élu il y a quelques semaines, je tenais à ce que cette rencontre serve à relayer ce que vous nous avez dit. Pendant la campagne, plusieurs centaines d’entre vous ont répondu à notre questionnaire citoyen, en Suisse romande comme en Suisse alémanique. Ces réponses dessinent des priorités claires qui ont nourri notre programme aux élections consulaires.

L’accès aux services consulaires, d’abord. C’est de très loin votre première préoccupation. Vous demandez plus de services accessibles en ligne, mais nos résultats révèlent aussi un paradoxe : beaucoup de dispositifs existent déjà (pré-demande de passeport, envoi postal, France consulaire, aides à la scolarité) et restent largement méconnus. Mieux faire connaître l’existant est un chantier immédiat, peu coûteux et très concret. J’ai également évoqué les programmes pilotes de renouvellement de titres d’identité en ligne (notamment au Canada et au Portugal) et leur possible déploiement en Suisse.

L’enseignement français à l’étranger, ensuite. Vos réponses placent en tête la maîtrise des frais de scolarité, l’accès aux bourses et la préservation du réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Le moment est charnière : un nouveau directeur général de l’AEFE vient d’être nommé, une réforme de l’agence est en préparation, et le Sénat vient d’adopter le rapport des sénateurs Yan Chantrel, Claude Kern, Georges Naturel et Mathilde Ollivier sur l’avenir du réseau. Ce consensus transpartisan est une chance. J’ai plaidé pour que la réforme s’appuie pleinement sur ces travaux parlementaires et qu’elle ne se réduise pas à un exercice budgétaire, au détriment des familles et de la mixité sociale des établissements.

Les retraites et la fiscalité, enfin. Le calcul des retraites pour les carrières effectuées entre la France et la Suisse, la double imposition et la question des successions franco-suisses reviennent constamment dans vos réponses. Ce sont des sujets techniques, mais ils pèsent lourdement sur des parcours de vie bien réels.

Nous avons également évoqué d’autres points d’actualité : les débats sur le service militaire suisse pour les binationaux, le bilan du G7 à Evian et les relations franco-suisses dans leur ensemble. L’échange a été franc et constructif.

Je remercie la ministre pour son écoute et sa disponibilité et le député, les ambassadrices, le consul général et mes collègues conseillères et conseillers pour leurs contributions à ces échanges.