L’initiative sur la Suisse à 10 millions échoue

Un vote trop serré, mais la votation sur la Suisse à 10 millions échoue.

Vos quatre élus de gauche (Ilham Chahdi, Delphine Gozillon, moi-même et Lionel Trébuchon) aux conseils consulaires de Genève et Zurich se sont exprimés la semaine dernière sur l’impact potentiel de cette initiative sur les Français de Suisse et les relations avec l’UE dans LesFrançais.press ici.

Un extrait :

Ainsi, Ilham Chahdi, élue conseillère consulaire Les Ecologistes-EELV à Genève, Evan O’Connell, élu conseiller consulaire Place Publique à Genève, Delphine Gozillon, élue conseillère consulaire Les Ecologistes-EELV à Zurich et Lionel Trébuchon, élu conseiller consulaire à Zurich rappellent d’abord que leur « rôle n’est pas de donner des consignes de vote aux citoyens suisses ». Mais ils soulignent néanmoins que « cette initiative aurait un impact majeur sur nos concitoyens, surtout celles et ceux qui ont des titres de séjour temporaires ».

Ils insistent aussi sur le poids de la communauté française : « nous savons qu’il y a presque 170.000 Français inscrits officiellement aux consulats français en Suisse, mais bien plus dans les faits. Ces Français travaillent, étudient, paient des impôts, nourrissent l’économie suisse. Ils sont soignants, commerciaux, cadres en ONG, enseignants, cadres du privé, retraités. L’économie suisse, surtout celle de la Romandie, a besoin d’eux ».

Selon eux, « cette initiative menace leur présence en Suisse car elle appellera sans doute à un durcissement des critères de séjour, mais elle est également un signal que nous Français et Européens ne sommes plus les bienvenus. L’application de l’initiative remettrait en cause la libre circulation des personnes, les accords bilatéraux avec l’Union européenne, premier partenaire commercial de la Suisse, l’accès au système d’information Schengen et les accords de Dublin. Cela pourrait impliquer un recours à davantage de main d’œuvre frontalière pour faire fonctionner l’économie correctement. Par exemple à Genève où une part importante du personnel infirmier de ses hôpitaux vient de France. La pandémie a révélé une dépendance : sans ces travailleurs frontaliers, les hôpitaux suisses ne pourraient fonctionner aujourd’hui. »

Enfin, ils reconnaissent que « l’initiative pointe sans doute des préoccupations réelles en matière d’accès au logement, de pouvoir d’achat et de durabilité. Mais nous pensons que les solutions viendront davantage du développement d’infrastructures durables adaptées aux besoins de la population que d’une restriction des travailleurs étrangers qui représentent 35% de la population active en Suisse et occupent principalement des emplois en pénurie de main-d’œuvre. » Avant de dénoncer que « la droite nationaliste a usé de beaucoup d’arguments malhonnêtes, y compris même l’impact écologique de l’immigration, pour expliquer pourquoi les étrangers sont à l’origine de tous les maux. Nous souhaitons tout simplement rappeler les faits à l’approche de ce vote, nous qui sommes ciblés par ces attaques », en concluant collectivement « libre aux électeurs suisses ensuite de faire leur choix. »